Retraité ? ... Créez votre boite !

 Vous vous ennuyez en retraite ?  il vous faudrait une rentrée d’argent  ?  

Et si vous créiez votre boite !

Pas question de monter une société avec des statuts, un comptable et des rappels URSSAF, mais simplement de s’immatriculer en autoentrepreneur et mieux, dans le service à la personne (SAP). Et  pas question non plus de se battre pour avoir un agrément SAP afin d’aider les personnes dépendantes mais simplement de faire une déclaration d’activité SAP pour proposer aux gens vos services parmi la liste des activités autorisées (voir plus bas).

Imaginons que vous proposiez à vos voisins de leur faire du bricolage ou de leur donner un coup de main pour leurs papiers.

En savoir plus sur le service à la personne… 

Film 6a-0003FBVous allez à la Chambre des Métiers à Forbach, vous remplissez le formulaire d’immatriculation pour une autoentreprise, vous déclarez en ligne votre activité de  service à la personne et vous voilà en mesure de proposer vos services.  Pas de piège, pas de cotisation surprise … Tout est extrêmement clair et simple : la seule chose à faire est de transmettre tous les 3 mois la somme des paiements que vous avez reçus (votre chiffre d’affaire). 

On vous facturera 26,3% de ce chiffre d’affaire, ce qui correspond à toutes vos charges (sociales et fiscales) et vous n’êtes pas soumis au régime de la TVA (donc pas de comptable). Attention de ne pas avoir un chiffre d’affaire supérieur à 32 900 € par an, sinon vous allez devenir une grosse boite (avec TVA, comptable, etc .) et ce n’est pas le but.

Au final, les charges de votre autoentreprise se résument aux 26,3% auxquels s’ajoute la prime de l’assurance responsabilité civile et professionnelle (autour de 400 € annuels). 

Et si votre boite ne marche pas … vous l’arrêtez sans frais et sans démarches ! 

 

Vous demanderez à être payé 20 à 30 € de l’heure et ça ne coûtera au final que la moitié à vos clients. 

Vous voilà donc en mesure de proposer toute une série de services et vous allez produire à vos clients, une fois par an une attestation fiscale avec le montant qu’ils vous ont versé. Elle leur permettra d’avoir une réduction ou un crédit d’impôts de 50% des sommes qu’ils vous ont versées. Si votre client est actif et ne paie pas d’impôts il recevra un chèque du trésor public (pas de solution par contre si votre client est retraité et ne paie pas d’impôts).

Voici la liste complète des activités autorisées pour les entreprises déclarées en services à la personne (attention : vous n’avez pas le droit de proposer autre chose … c’est le prix à payer pour faire bénéficier vos clients de la réduction de 50%).

– l’entretien de la maison et les travaux ménagers,
– les petits travaux de jardinage, y compris les travaux de débroussaillage,
– les travaux de petit bricolage dits  » homme toutes mains « ,
– la garde d’enfants de plus de 3 ans à domicile,
– le soutien scolaire à domicile ou cours à domicile,
– les soins d’esthétique à domicile pour les personnes dépendantes,
– la préparation de repas à domicile, y compris le temps passé aux commissions,
– la livraison de repas à domicile*,
– la collecte et livraison à domicile de linge repassé*,
– la livraison de courses à domicile*,
– l’assistance informatique et internet à domicile,
– les promenades d’animaux de compagnie,
– la maintenance, l’entretien et la vigilance temporaires, à domicile, de la résidence principale et secondaire,
– l’assistance administrative à domicile,
– l’accompagnement des enfants de plus de trois ans dans leurs déplacements en dehors de leur domicile (promenades, transport, actes de la vie courante)*,
– les activités qui concourent directement et exclusivement à coordonner et délivrer les services à la personne listés à  l’article D7231-1du code du travail.  Article L7231-1 du code du travail et circulaire du 26 avril 2012

 

* si l’activité fait partie d’un ensemble d’activités de services pour la personne.

 

Que se passe-t-il pour votre retraite ? 

 

Film 6a-0006Imaginons que vous soyez retraité au titre d’une activité salariée (régime général).

Depuis le 1er janvier 2009, vous pouvez continuer à percevoir votre pension de retraite (retraite de base et retraite AGIRC-ARRCO) tout en exerçant une activité indépendante si vous avez fait liquider l’ensemble de vos pensions auprès des régimes de retraite obligatoires et si vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite.

Si vous ne remplissez pas ces conditions, la reprise d’une activité salariée est néanmoins possible à condition que la somme des salaires et des pensions soit inférieure à la moyenne des 3 derniers salaires d’activité* perçus avant la liquidation de la pension de retraite ou 160 % du SMIC (si ce montant est plus favorable). 

 *Le dernier seulement pour la retraite complémentaire 

 

 Pour en savoir plus, consultez la page 93 du guide 2014 du régime social des indépendants

Mauvaise passe pour l'aide à la création

 

Le rapport de la cour des comptes « LES DISPOSITIFS DE SOUTIEN A LA CREATION D’ENTREPRISES » (disponible sur Internet) n’est pas tendre vis à vis des dispositifs de soutien à la création : pourquoi donc vouloir à tout prix se concentrer sur la création d’entreprises alors que les indicateurs sont bons et que 70% des créateurs ne font pas appel aux services institués. La post création, par contre, est en manque flagrant d’accompagnement (défaillance du dispositif NACRE, prêt OSÉO inadapté).

Synthèse du rapport :

Le soutien institutionnel est, pour les créateurs, un millefeuille illisible qui ne bénéficie finalement qu’à une minorité d’entre eux. Un surcoût de gestion du fait d’un financement parcellisé et de la complexité des systèmes de gestion et de suivi de chaque financeur. Un risque de mauvaise allocation des moyens, d’inefficience et de financements multiples d’une même action. Quelle que soit leur forme, les aides au soutien de la création d’entreprises sont concentrées sur la phase de création, l’essentiel des dispositifs étant concentré sur le montage et le besoin initial de financement du projet, alors que la situation de la France en matière de nombre de créations n’est pas défavorable. En revanche, les difficultés de la phase de post-création et de développement sont insuffisamment prises en compte dans les dispositifs actuels, malgré une prise de conscience de la faiblesse des entreprises à cette étape de leur existence et un certain nombre d’initiatives, encore modestes, pour traiter ce sujet. Les coûts de gestion et de complexification pour les acteurs et les créateurs du dispositif NACRE ne sont pas justifiés. La pertinence du prêt à la création d’entreprise (PCE) d’Oséo, dont les montants sont en diminution, n’est pas évidente sous sa forme actuelle.

Des chiffres alarmants

3 milliards d’Euros sont attribuées en aides à la création dont la moitié pour l’accompagnement des chômeurs créateurs.

La Formation professionnelle, elle, coûte 14 millliards d’Euros et est atomisée entre 60 000 organismes de formation. En Allemagne, il y en a moins de 10 000. Pourtant, en 2012, 7,9% de la population âgée de 25 à 64 ans a suivi une formation outre-Rhin contre 5,4% en France, selon Eurostat (source : chaire-securisation)

Conclusion

Ça sent la coupe sombre, la remise en cause et un nouveau pacte …

Autant anticiper et considérer que la carte du compagnonnage n’a pas encore été correctement jouée. Eligue y trouve sa raison d’être ici : 12 groupes, 12 animateurs ( des vieux sachems) et des entrepreneurs créateurs ou en développement qui auront beaucoup à apprendre de ces sachems.

A lire :

La création d’entreprises en France : un problème plus qualitatif que quantitatif
Un pilotage insuffisant et une gouvernance déficiente
Un ensemble de dispositifs complexe et déséquilibré
Les recommandations de la Cour

SYNTHESE_SOUTIEN_CREATION